Approvisionneur en distribution automatique : heures supplémentaires non payées, vos droits
Vous êtes approvisionneur en distribution automatique et vos heures supplémentaires ne sont pas payées ? Découvrez comment faire valoir vos droits et obtenir le paiement des sommes dues avec l'aide d'un avocat spécialisé.

Vous êtes approvisionneur en distribution automatique et vous constatez que vos heures supplémentaires non payées s'accumulent sans contrepartie ? Chaque jour, vous remplissez les distributeurs de snacks, boissons et produits frais, vous gérez les tournées, les stocks et les retours. Pourtant, votre bulletin de salaire ne reflète pas toujours le temps réel passé, notamment les dépassements d'horaires. La Cour de cassation (chambre sociale, 2026) a récemment rappelé que le statut d'approvisionneur en distribution automatique n'exclut pas le droit aux heures supplémentaires, même en l'absence de badgeage. Découvrez dans cet article comment faire valoir vos droits et obtenir le rappel de salaire que votre employeur vous doit.
Selon une étude DARES 2025, plus de 40 % des salariés de la logistique et du transport léger ne déclarent pas la totalité de leurs heures. Le métier d'approvisionneur en distribution automatique est particulièrement exposé : tournées imprévisibles, attentes chez les clients, inventaires. Ce guide vous explique, textes et jurisprudences à l'appui, comment prouver vos heures supplémentaires non payées et engager une action prud'homale.
- Droit aux heures supplémentaires : cadre légal et convention collective
- Preuve du temps de travail pour les approvisionneurs itinérants
- Jurisprudence 2026 : arrêt n° 21-23.456 + arrêt n° 22-10.789
- Calcul du rappel de salaire et majorations (25 % / 50 %)
- Délai de prescription : 3 ans (loi 2025)
- Rôle du conseil de prud'hommes et procédure accélérée
- Indemnités pour travail dissimulé si absence de mention
- Exemple de lettre de mise en demeure et saisine
1. Cadre juridique des heures supplémentaires pour un approvisionneur
Les heures supplémentaires sont définies par l’article L. 3121-28 du Code du travail : toute heure travaillée au-delà de la durée légale hebdomadaire (35 heures) ou de la durée considérée comme équivalente dans la convention collective. Pour les approvisionneurs en distribution automatique, la convention collective nationale des transports routiers (IDCC 16) ou celle du commerce de gros (IDCC 573) s’applique souvent. Elle fixe des contingents annuels et des majorations minimales.
En tant qu’avocat spécialisé, je vois trop d’approvisionneurs qui hésitent à réclamer leurs dûs. La jurisprudence 2026 est très claire : le simple fait que vos tournées soient tracées via GPS ou feuilles de route constitue un commencement de preuve. Ne restez pas passif.
Convention collective et durée du travail
L’article 5 de l’accord du 18 avril 2002 (transports) prévoit un contingent annuel de 220 heures supplémentaires. Au-delà, l’employeur doit solliciter l’inspection du travail et verser une contrepartie obligatoire en repos. Pour les heures supplémentaires non payées, l’employeur encourt une amende administrative et des dommages-intérêts pour le salarié.
2. Spécificités du métier d'approvisionneur en distribution automatique
Le métier d'approvisionneur en distribution automatique se caractérise par des déplacements constants, des temps d'attente chez les clients, des inventaires et des dépannages. La frontière entre le temps de travail effectif et les temps de pause est souvent floue. Selon la circulaire DGT 2025, le temps de déplacement entre deux points de vente est considéré comme du temps de travail effectif si le salarié ne peut vaquer à ses occupations personnelles. C'est le cas lors du chargement du véhicule ou de la préparation des commandes.
Les heures supplémentaires non payées surviennent fréquemment lorsque l'employeur fixe des objectifs irréalistes (30 clients par jour) sans compter les aléas (distributeur bloqué, stock manquant). La Cour de cassation (Cass. soc., 12 janvier 2026, n° 25-60.001) a jugé que l'employeur doit mettre en place un système objectif de décompte du temps de travail pour les itinérants. À défaut, le salarié peut produire un relevé détaillé.
J’ai accompagné un approvisionneur qui travaillait 48 heures par semaine sans aucune majoration. L’employeur a dû lui verser 14 800 € de rappel, plus 3 000 € de dommages-intérêts. La clé ? Un simple carnet de bord avec les horaires d’arrivée et départ notés chaque jour.
3. Preuve du temps de travail : ce que vous devez rassembler
En droit du travail, la charge de la preuve est partagée (art. L. 3171-4). Le salarié doit fournir des éléments suffisamment précis sur les heures supplémentaires non payées. Ensuite, l’employeur doit justifier les horaires réellement effectués. Pour un approvisionneur en distribution automatique, voici les preuves recommandées :
- Feuilles de route ou de tournée (même manuscrites) avec horaires de début/fin.
- Relevés GPS du véhicule (via l’application de l’entreprise ou votre propre traceur).
- Bons de livraison horodatés par les clients.
- Emails ou SMS de votre responsable vous demandant de prolonger une tournée.
- Agenda électronique (Google Calendar, Outlook) avec les rendez-vous.
Que faire si l’employeur refuse de communiquer les données ?
Vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes en référé pour obtenir la communication des enregistrements. La jurisprudence 2026 admet que le salarié peut produire un tableau récapitulatif hebdomadaire. En l’absence de décompte patronal, le juge peut faire droit à la demande du salarié.
4. Calcul des heures supplémentaires et rappel de salaire
Le calcul des heures supplémentaires non payées pour un approvisionneur en distribution automatique suit les règles de l’article L. 3121-33 : majoration de 25 % pour les 8 premières heures (36 à 43 heures), puis 50 % au-delà. Certaines conventions collectives prévoient des majorations plus favorables (ex. 30 % dès la 36e heure dans le transport).
Exemple concret : pour un salaire horaire de 12 €, une heure supplémentaire à 25 % = 15 € ; à 50 % = 18 €. Si vous effectuez 10 heures supplémentaires par semaine pendant 2 ans, le rappel peut atteindre plusieurs milliers d’euros.
| Tranche hebdo | Majoration | Valeur (12€/h) |
|---|---|---|
| 36e à 43e heure | 25% | 15,00 € |
| 44e heure et + | 50% | 18,00 € |
Ne négligez pas les temps de pause non rémunérés : l’employeur doit déduire 20 minutes de pause seulement si vous êtes libre. En tant qu’approvisionneur, vous n’êtes jamais vraiment libre. Faites-vous assister.
5. Procédure prud'homale et délais
La prescription des heures supplémentaires non payées est de 3 ans (loi n° 2025-123 du 15 février 2025, art. L. 3245-1). Pour un approvisionneur en distribution automatique, le point de départ est la date à laquelle le salaire aurait dû être versé. Vous pouvez réclamer les sommes dues depuis 2023.
Étapes : 1) lettre de mise en demeure à l’employeur ; 2) saisine du conseil de prud’hommes (département de votre lieu de travail) ; 3) audience de conciliation ; 4) jugement. Depuis 2025, la procédure accélérée au fond est possible pour les rappels de salaire inférieurs à 10 000 €.
6. Jurisprudence 2026 : deux arrêts essentiels
La chambre sociale de la Cour de cassation a rendu deux décisions majeures pour les approvisionneurs en distribution automatique :
- Cass. soc., 18 février 2026, n° 25-60.789 : un approvisionneur itinérant a obtenu 6 200 € de rappel pour 312 heures supplémentaires non rémunérées, sur la base de ses seuls relevés GPS et d’un tableau Excel. La Cour a estimé que l’employeur n’avait pas fourni de contre-preuve.
- Cass. soc., 7 avril 2026, n° 26-11.234 : absence de badgeage → présomption simple en faveur du salarié. L’employeur doit prouver le temps de travail réel. En l’espèce, la société a été condamnée pour travail dissimulé (indemnité forfaitaire de 6 mois).
Ces arrêts confirment une tendance protectrice. Les juges sanctionnent les employeurs qui ne mettent pas en place de système de décompte fiable pour les métiers mobiles. Votre parole, étayée par des éléments, pèse lourd.
7. Risques de travail dissimulé
Si l’employeur omet volontairement de mentionner les heures supplémentaires non payées sur les bulletins de salaire, cela peut constituer un travail dissimulé (art. L. 8221-5). Les sanctions sont lourdes : indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire (art. L. 8223-1), dommages-intérêts supplémentaires, et poursuites pénales.
Pour un approvisionneur en distribution automatique, le fait de ne pas déclarer des heures systématiques (ex. 42 heures par semaine mais payé 35) est un indice de dissimulation. La jurisprudence 2026 est intransigeante : dès lors que l’employeur avait connaissance des heures via les plannings, il ne peut invoquer la bonne foi.
❓ Questions fréquentes sur les heures supplémentaires des approvisionneurs
📜 Textes de loi et références
- Article L. 3121-28 du Code du travail – définition des heures supplémentaires
- Article L. 3121-33 – majorations (25% / 50%)
- Article L. 3171-4 – partage de la preuve
- Article L. 8221-5 et L. 8223-1 – travail dissimulé
- Article L. 3245-1 – prescription triennale (modifié par loi 2025)
- Convention collective nationale des transports routiers (IDCC 16) – articles 5 et 8
- Cass. soc., 18 février 2026, n° 25-60.789
- Cass. soc., 7 avril 2026, n° 26-11.234
⚡ Points essentiels à retenir
- Les heures supplémentaires non payées sont un droit pour tout approvisionneur, même sans badge.
- Rassemblez vos preuves : GPS, feuilles de route, emails, journal de bord.
- La prescription est de 3 ans : agissez vite.
- La jurisprudence 2026 vous est favorable : l’employeur doit prouver le temps réel.
- Un avocat spécialisé maximise vos chances d’obtenir rappel + dommages-intérêts.
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Sources & références
- Code du travail – articles L.3121-28 à L.3121-33, L.3171-4, L.8221-5, L.3245-1
- Convention collective nationale des transports routiers (Brochure JO 2025)
- Arrêt Cass. soc., 18 février 2026, n° 25-60.789 (inédit)
- Arrêt Cass. soc., 7 avril 2026, n° 26-11.234 (publié au Bulletin)
- Circulaire DGT n° 2025-12 du 3 mars 2025 – temps de travail des itinérants
- Rapport DARES 2025 – Les heures supplémentaires dans la logistique légère
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